14.09.2007

Régates ("dragon boats")

Revenons sur ces régates qui auront lieu sur la Seine, à la fin de la semaine, avec des bateaux ayant pour figure de proue une tête de dragon (animal mythique, emblème de la Chine). Plusieurs équipages de diverses nationalités seront en lice. En Asie du Sud-est, après la saison des pluies, de telles courses sont organisées à la "Fête des Eaux", fin octobre-début novembre, dans chaque pays que traverse le Mékong.

Les Laotiens fêtent le retour au débit normal d'un fleuve "lavé" par la mousson; les Cambodgiens célèbrent la fin de l'inondation annuelle, avec le retour des eaux du "Grand fleuve" dans leur lit et le renversement du cours du Tonlé Sap (le lac le plus poissonneux au monde) qui évacue l'excès des eaux vers la mer. Dans ces pays bouddhistes, les pirogues "à la proue et la poupe relevées en pointe" n'ont pas de dragon mais une paire d'yeux que l'on ne fixe à l'avant qu'au moment de la compétition. Ces yeux abritent le génie qui habitait l'arbre abattu pour fabriquer l'embarcation qui a ainsi un caractère sacré.

 L'équipage comprend  40 personnes (aucune femme), un chef et un bouffon qui a seul le droit de lancer des bordées d'injures aux autres concurrents. Mélange de brahmanisme, de bouddhisme et de croyances populaires animistes, la Fête des Eaux dure trois jours, à Phnom-Penh, en présence du roi et de tous les dignitaires du royaume.

Devant moi, une paire d'yeux me fixe. Chaque oeil, sculpté dans du bois précieux, à la forme d'un naga enroulé autour d'un gros iris noir incrusté dans une pupille de mica. Le génie s'est-il habitué à son nouvel habitat? Nous avons sauvé ces yeux du feu des Khmers rouges. Nous aurions préféré sauver nos amis, nos collègues, leurs enfants, le peuple cambodgien de la barbarie de leurs faux frères.

doMINUIT 

47a3207904edc3df43e4e3e669c7822e.jpg"FËTE DES EAUX" à Phnom-Penh (Royaume du Cambodge)

 

 L'oeil est visible mais pas le génie!

08.09.2007

Quais de Rouen- Armada

L'aménagement des quais et des ponts, avant l'Armada 2008, ne doit pas nous faire oublier que la plus ancienne promenade de Rouen était sur la rive gauche, le COURS-LA-REINE ou GRAND-COURS, avec ses larges allées d'ormes.

Situé en face de "l'Isle de la Moucque ou de la Croix" (plan de 1784), le Grand-Cours occupait un terrain que les religieux de Grammont avaient concédé le 2 juin 1650 à la ville de Rouen en échange de maisons situées dans la rue Saint-Eloi. Des arbres furent plantés. Le bois de chauffage manquant suite au long et rigoureux hiver de 1784, ils furent abattus. En 1787, le cours était replanté et élargi. Devenu "Cours de l'Egalité", on y célébra l'anniversaire de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1794. Il fut remblayé et achevé en 1807 (1). Surtout fréquenté par la bourgeoisie rouennaise, il connut le succès durant toute la Belle Epoque. Puis, il est devenu quai du Grand-Cours ou quai de la gare (là où était situé l'embarcadère de la rive gauche du chemin de fer de l'Ouest inauguré le 3 mai 1843 - cf "Transports non durables" sur ce blog).

Pour les milieux populaires, il y avait les nombreuses îles sur la Seine avec leurs guinguettes, comme l'île Brouilly (ou Surrau, ou Duboc, voire "du Bock") qui sera rattachée à l'île Lacroix en 1922. Après l'île Brouilly, vers Amfreville-la Mivoie, l'île aux Cerises (à 2km de Rouen - 1500m de long) avait un café restaurant: "on y allait en barque pour y boire un coup de cidre, y déguster matelotte et friture, pour y jouer à "la grenouille"(2), au bilboquet et autres jeux"(3).

Peintres et écrivains ont célébré ces lieux d'amusement, de détente et "d'encanaillement" pour certains, surtout sur les bords de la Marne, de l'Oise et de la Seine.

Connaissez-vous Miss Guinguette 2007 ? Elle a été élue le 13 juillet, à Champigny-sur-Marne. C'est une Chinoise de 34 ans... mariée à un Français. Ouf!

doMINUIT

(1)Nicétas Périaux, Histoire de la Ville de Rouen, 1874.

(2) Le Jeu de Grenouille ou Jeu du Tonneau, jeu d'adresse typique des guinguettes.

(3) Georges Dubosc (1854-1927), Par çi, par là, 3e série. "Erudit local à la bibliographie fleuve, il incarnait aussi la gouaille des artistes et des journalistes, bien éloigné des critères de respectabilité de la société bourgeoise" (Loïc Vadelorge, Rouen sous la IIIe République, p.320). Son buste se trouve dans la verdure, rampe Bouvreuil, au bas de la rue Bouquet.

23.08.2007

Viv' le cid' de Normandie !



Comme vous redemandez de "l'opéra comique", entonnons l'air de Serpolette (1)

"Viv' le cid' de Normandie !

Rien ne fait sauter comme ça.

Et, cette tisane-là

Guérit toutes les maladies. 

 



 

Le cidre n'a pas toujours été la boisson des Normands. La bière ou cervoise était tout d'abord bue. Nicétias Periaux, dans son ouvrage de 700 pages (2), n'utilise pas une seule fois ce mot. Le vin était sans doute plus noble car il servait à la célébration des messes.

Saint Ansbert, 3e abbé de Fontenelle (abbaye de Saint-Wandrille) aurait introduit en Normandie, au début du VIIe siècle, la culture de la vigne qui "fut pendant cinq siècles une source de revenus pour cette contrée"(2). Cette culture occupait des parcelles sur les versants des vallées de la Seine de de l'Eure, même en aval de Rouen jusqu'à Caudebec. Le Landin, Jumièges, Yainville avaient leurs propres crus. Les vins d'Oissel, de Freneuse et du Conihout de Jumièges étaient exportés vers l'Angleterre (3). En 1250, la concurrence des vins d'Anjou nuisit à la vigne normande. Le 14 septembre de chaque année, on faisait à la cathédrale la bénédiction du vin nouveau. On fêtait les événements dans la famille royale avec "des fontaines de vin", parfois dans chaque quartier de Rouen. Les baux étaient en muids de vin. Au XVIe siècle, du fait des taxes, la viticulture normande déclina.

Jusqu'au XIe siècle, aucun pommier n'était planté en France. On utilisait les "surets", pommiers sauvages des forêts. Les variétés "nobles" nous viendront du Pays Basque, via le Pays d'Auge. A la fin du XVIe s., la région de Rouen quitte la bière pour le cidre. Le statut des marchands de cidres ne date que de 1692; leur confrérie était au couvent des Augustins, sous le titre de Saint Clément.

Alors que nous ne parlons que du réchauffement de la planète, signalons que, "durant le rigoureux hiver de 1683-1684, le vin et le cidre gelèrent dans les tonneaux  et acquirent une telle dureté qu'on brisait à la cognée"(2)

Cela vaut bien une moque de cidre. Offrons-nous

"une bolée de gros baire qui rafraîchit le bec, l'été"(4)

DoMINUIT

(1) Les Cloches de Corneville, acte III,

(2) Nicétias Periaux, Histoire sommaire et chronologique de la ville de Rouen, 1874

(3) Bernard Boulland, "Le site naturel de Rouen", Connaître Rouen II, 1972

(4)Camille Cé (1878-1959), poète et romancier rouennais. Une plaque avec son portrait est apposée sur sa maison natale, au 12bis de la rue de l'Ecole, une maison du XV-XVIe s., aussi berceau de la librairie L'Armitière.

 

 

 

22.07.2007

Lenteur durable

J'ai lu, comme un limaçon... Pourquoi ce mollusque n'aurait-il pas le droit d'être lent? Il va m'accuser de discrimination... Je reprends... j'ai lu, à ma vitesse, un cahier du Monde daté du 11 juillet.... oh! là, là! que ...... -réminiscence rimbaldienne à gommer, restons prosaïque-...que  je suis lambin.... Je vais être obligé de suivre un stage de lecture rapide sous la direction de Pagine!

Pour l'instant, je sauve ces quelques lignes avant que mon ordinateur ne se fâche et n'efface tout, comme il l'a fait par deux fois avec le dernier billet.

Suis-je lent parce que je suis rouennais, natif et habitant d'à Rouen, ville où il faut tant de temps, voire des décennies, pour réaliser un projet novateur?

Tout simplement, je vous l'avoue, je prends mon temps à une époque où l'on nous explique qu'il est temps de ne plus laisser de temps au temps. Que nous restera-t-il pour vivre?... Je suis déphasé... Mon ordinateur fume... J'envoie.

DoMINUIT 

 

20.07.2007

Un casque dans mes bagages

Dans mes bagages pour l'été, il y a au moins un casque pour les appareils audiovisuels, sinon 2!
Ces vacances-ci, Elise vient nous voir et  s'installe une semaine environ: les négociations sont ouvertes sur l'usage de la TV!!! Chez elle, Ollioules, terrasse et jardin du Sud, la télé est placée deant la fenêtre, prête à être tournée vers l'extérieur pour suivre les infos du transat... Là, je rejoins mon atelier de peinture au fond du jardin. Le reste du temps, on ferme.
Mais, il y a deux ans, un foutu feuilleton pour lequel elle faisait comme une addiction, était progammé chaque soir vers 20H. On s'y est mis à plusieurs: pour mettre la TV en panne, pour rentrer trop tard de balade, pour inviter les voisins à cette heure là pour l'apéro... Rien n'y fit. Notre Elise, avec ses 75 balais, était comme une gamine en manque. C'était trop dur! Seule solution: le casque.
C'est pourquoi il est sur toujours dans mes bagages.
(Note rédigée par Pagine)

16.06.2007

Dario Fo et Goldoni à Barentin

db10bdde192f9821258853d043269ab4.jpgBarentin! C'est là où j'ai poussé mon premier cri! La ville s'en est-elle remise?
J'y ai joué au tennis aussi, sous le viaduc célèbre. Mais de ce temps là, on n'osait pas ahanner comme le font aujourd'hui nos champions.
Ce soir, Barentin en entendra bien d'autres avec un Dario Fo et un Goldoni.
Pas le temps de vous raconter moi-même; alors allez sur le blog de Didier
http://didier.communes76.com/public/2007.png
et si vous allez ce soir à Barentin, racontez moi après.

08.06.2007

La fête du chapeau

8391212b624dc8749ea6059625580fff.jpgQuand on travaille du chapeau, est-ce que cela fait du bruit?
ANIM’ACTION GARE, nous rassure ("juste un guitariste...") et vous invite à participer à la 
Fête du chapeau le 1er juillet de 12H à 17H rue Verte,à Rouen (entre le Café le Métropole et l’Hôtel de Dieppe)
Les plus beaux chapeaux seront primés dans les catégories enfants, femmes, hommes.
Vous êtes tenté(e)s? Alors, à votre atelier! Et ne confondez-pas avec la fête des épouvantails: de l'élégance, du charme, de l'humour, de la poésie.... (ça, ce n'est pas sur l'invitation, c'est moi qui divague...).
Participation de 3 € par personne ( 4€ pour les non adhérents ) à verser à l'inscription:  renseignements au 02 35 07 06 49.

04.06.2007

Vos échappées tranquilles

"Vos échappées tranquilles"....
A la campagne, 4 musées de territoire se mettent en 4 pour vous accueillir, en Juillet:

Le Moulin à vent, à Hauville. Il est très visible depuis la D313. C’est le seul Moulin à vent qui subsiste, dans toute la Haute-Normandie. Il date du 13 ème siècle. A visiter!!Tél-fax 02 32 56 57 32. Ouvert en Juillet-Août 7 / 7, 14h30 - 18h30

Le Four à pain, à La Haye de Routot. C’est un authentique four à bois du 19e s. Cuisson de pains et brioches chaque Dimanche et Mercredi aprèsmidi.Dégustations, vente. Tél-fax 02 32 57 07 99.  Ouvert du 14 Juil. au 31 Août 7 / 7 : 14 à 18 h

Le Musée du Sabot, à La Haye de Routot. Dans une chaumière du 17e s, il présente l’outillage de l’ancien sabotier local et une collection de 300 paires de sabots de toutes la France. Tél. 02 32 57 59 67. Ouvert comme le four à pain

La Maison du Lin, à Routot (rez-de-chaussée de la Mairie). TOUT sur cette plante très “fleur bleue” dont on tisse la fibre et dont les sous-produits sont l'huile, le mastic et... le papier à cigarette!!  Tél-fax 02 32 56 21 76.  Ouverte en Juillet-Août 7 / 7, 14 à 18h30. Courriel : en-normandie.maison-du-lin@wanadoo.fr

Pour en savoir plus, en particulier sur les temps fort de ce mois de juillet: rendez-vous sur le site : http://web.mac.com/lahayederoutot

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25.04.2007

Le bandit manchot

medium_bandit_manchot1.jpgCertains loisirs sont plus bruyants que d'autres. Objectif: mettre les consommateurs sous influence.
C'est le cas des machines à sous. Il ne faut surtout pas que le client soit en mesure de penser (ce que l'on fait en général dans le calme...). Et plus précisément, il est conditionné rapidement car tout réside dans cette espoir: entendre le bruit des pièces qui tombent dans un fracas métallique sonnant comme une récompense... Et plus tu mets de jetons dans la fente, plus tu as de chance de l'entendre! A la voix de la raison, s'oppose celui de l'argent qui rend sourd!
La gestion de ce bruit est d'ailleurs différente d'un joueur à l'autre: "certains font tomber leur gains au fur et à mesure, et c'est ce qui crée un bruit permanent. Dautres enregistrent leurs profits et ne font tomber leur pièces que lorsqu'ils en ont beaucoup. Cela donne un bruit plus long, plus continu, qui attire l'attention... Cela provoque en général un attroupement d'envieux...".
Je cite tout de suite mes sources pour M. Julien qui aime la précision: c'est au cours de la lecture d'un polar de Jérôme Jarrige, Le bandit n'était pas manchot (prix du quai des orfèvres 2002), chez Fayard poche et à la BM des Capucins), que j'ai noté cette précision, et emprunté l'image.
Irais-je jusqu'à recommander sa lecture, même si je dois saluer l'étude de milieu? Je laisse ce soin à Gambadou ou à Nina...
En tout cas, vous aurez compris que je ne fais pas de pub pour le "bandit manchot", ce qui est sans doute réprimé par la loi!

24.04.2007

Ah! les dimanches

medium_perceuse3.2.jpgPour beaucoup, le bricolage est un loisir, mais hélas un loisir bruyant!
C'est pourquoi l'arrêté préfectoral du 4/01/2002 le règlemente.
( Prefecture_-_reglementation.pdf )
Je rappelle aussi ce qui est consigné dans le guide municipal et reprend l'article 7 de cet arrêté, pour les indélicats qui "craquent" chaque dimanche, sans souci de leurs voisins.
Les dimanches et les jours fériés, le bricolage est autorisé de 10 heures à midi.
Voilà une information que des syndics soucieux de la tranquillité dans leurs immeubles pourraient faire afficher. Et si la Mairie les incitaient à le faire, ce serait la preuve qu'on se soucie des administrés.
Cette gêne fait partie des bruits dits de voisinage (et de comportement). C'est pourquoi il n'est pas si facile de les régler, car un voisin qui ne sait pas respecter les règles n'est pas à priori quelqu'un avec qui on pourra parler facilement...
Essayez de ne pas réagir sur le moment, même si la gêne est patente et réservez pour l'AG de copropriété cette question: il n'est jamais inutile d'en parler collectivement et de trouver les solutions collectivement.
Si c'est un voisin d'un autre immeuble, cherchez le syndic responsable et demandez au votre d'écrire à son collègue.
Officialiser les demandes est souvent payant.
Et, en attendant, procurez-vous un casque de chantier!

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