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30.07.2007

La « cloche des perdus »


Si le plateau de l’Aubrac sourit, l’été, aux voyageurs, et si son immensité invite à la contemplation, il n’en est pas de même  en hiver ! Et, quand, à la dureté du climat, s’ajoutait la crainte d’être détroussé, le pèlerin du Moyen Age devait redouter la traversée de ce plateau inhabité, largement sous l’emprise de la forêt.

L’espace est aujourd’hui parfaitement colonisé par les troupeaux , le plateau ayant été presque totalement déboisé pour l’estive, en particulier lors de la construction de cette fameuse Dômerie, à Aubrac, qui a donné le ton.
C’est un seigneur flamand qui a cru mourir 20 fois en se rendant à Compostelle et qui, ayant déjoué maladies, brigands, tempêtes, décida de consacrer sa vie à l’édification d’un hôpital pour les pèlerins. Avec ses compagnons, ils ont abattu la forêt, taillé dans la lave pour bâtir les bâtiments nécessaires à l’accueil, l’entraide et les soins.
 

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L’emprise sur la région dépassa la mission première avec les moines de l’ordre de Saint Augustin, les soeurs qui soignaient les malades, les Chevaliers qui accompagnaient les convois, et les « donats », laïcs qui travaillaient aux champs.
Et par temps couvert, l’un des chevaliers sonnait à la volée la « cloche des perdus » gravée de la devise: «  Deo jubila, clero canta, daemones fuga, errantes revoca ».
L’entendre devait en effet réchauffer le cœur !
(de notre envoyée spéciale en Aubrac !)



 

28.07.2007

Nocturne

J'habite, selon un plumitif, une rue qui, avec le nom qu'elle porte, ne peut être calme. Pourtant, elle l'est dans la journée et en début de soirée. En général, tout se gâte à partir de minuit lorsqu'un établissement recevant du public et diffusant à titre habituel de la musique amplifiée, un bar pour faire simple, salsafie son voisinage: musique, cris, rires, conversations, vapeurs d'alcool s'envolent par le vasistas ouvert -il faut quand même un peu d'aération-. Il ne me manque qu'une boisson pour être au milieu des fêtards! Rien d'anormal pour le gérant avec qui j'essaie depuis un an d'établir une coexistence pacifique.

A chaque entrée ou sortie, la porte claque. C'est parfois un va et vient continuel. Combien de personnes peuvent tenir dans ce lieu ? A 1h20, des groupes commencent à sortir, discutent au milieu de la chaussée avant d'amorcer la descente vers le Vieux-Marché. Alors le DJ pousse la manette pour augmenter les décibels: c'est le final et le signal pour moi qu'il me reste encore une demi-heure à supporter la sauce composée de basses qui résonnent dans les caves qui occupent cette rue médiévale et les éclats de rire qui s'insinuent entre les pans de bois. A 1h45, la musique s'arrête. Bref silence avant que l'agitation ne gagne la rue: on s'excite, on s'exclaffe. Le gérant tente, mollement, de disperser les traînards. A 2h15, je peux m'endormir sauf... les aleas ne manquent.

Il est évident, pour les autorités, que je ne suis pas victime de nuisances sonores nocturnes car j'ai le tort d'habiter le centre ville, espace festif où l'on doit se défouler sans retenue. La presse prend le relais -il est vrai qu'à part notre annonce nécrologique, elle n'a rien à attendre de nous; il reste toutefois les faits divers, faisons attention!-: je ne suis pas victime, je m'estime victime et je dois me faire soigner pour ma normalité.. Comme je suis l'empêcheur de se déhancher au rythme de la salsa, je commencerai par faire installer des fenêtres "haute performance", au vitrage acoustique renforcé!

Au gérant, les chiffres (surtout LE chiffre), il me reste les lettres pour essayer de traduire, gentiment, le désarroi d'un citoyen.

doMINUIT

PS Nuisance collatérale: lorsque des jeunes font la fête dans leurs studios, ils donnent comme excuse qu'ils ne font du vacarme qu'une ou deux fois par an, alors que le bar, c'est tous les soirs (surtout trois: jeudi, vendredi, samedi). 

 

26.07.2007

Beaucoup de bruit...

 Suite à l'article dans PN du 23 juillet, ayant pour titre Beaucoup de bruit...(p.5), Jacques Laroue a envoyé le courriel suivant à la rédaction du journal :

 

"Votre article sur le bruit relatant notre entretien avec Manuel Sanson illustre la difficulté à traiter de ce problème sans que s'y mêlent quelques "a priori" ou des interprétations déformantes.

Deux exemples:

-Vous me faites parler des personnes qui "s'estiment" victimes des nuisances sonores, ce qui tend à relativiser les choses. Elles "sont" victimes.

-L'affirmation que vous me prêtez: "On privilégie le tissu économique au détriment de la qualité de vie des habitants" est un peu réductrice dans sa formulation. Sous cette forme, elle ouvre la voie à un procès d'intention où on nous accuserait volontiers de vouloir transformer la ville en cimetière.

Je précise que lorsqu'une activité économique: établissements de nuit pour leur sono, restaurants pour leurs extracteurs de fumée, entre autres, sont générateurs de bruits insupportables pour leur voisinage, on n'exige pas d'eux les mesures de protection réglementaires, soit pour des raisons qui nous échappent, soit au prétexte que" cela pourrait menacer leur existence au détriment des intérêts économiques de la ville"(sic). Ce que j'ai traduit avec un peu d'ironie de la manière suivante: Combien faut-il d'habitants gênés pour équilibrer le "poids économique" d'un bar de nuit ?

Concernant les illustrations:

-le gros plan sur un engin de Travaux Publics équipé d'un marteau-piqueur tend à assimiler notre campagne comme une lutte indifférenciée contre des activités normales et inévitables dont personne ne peut réfuter la nécessité.

-enfin les trois interviews sur la nécessité d'une réglementation plus stricte dans un but de rééquilibrage tendent à relativiser l'objet de notre enquête, à l'instar de votre titre qui induit son complément habituel dans l'expression: Beaucoup de bruit pour rien."

 

Nous reparlerons de cet article. doMINUIT

                                                                                                  

 

 

25.07.2007

Chut !

Lu dans PN du 23 juillet que, lors de la 14e étape du Tour de France, la caravane avait reçu la consigne d'éviter de klaxonner et de diffuser de la musique trop fort dans les gorges de l'Aude, afin d'éviter l'effet caisse de résonance qui aurait entraîné des chutes de pierres.

Pourquoi pas une telle consigne lors de la traversée des villes et des campagnes? Sans doute pour ne pas entendre toutes les casseroles que le cyclisme international traîne!

doMINUIT

24.07.2007

Ce mois au Canada

Une nouvelle règlementation est entrée en vigueur, ce mois, au Canada, pour améliorer les conditions de travail dans l'industrie, afin de limiter la perte d'acuité auditive, suite à une exposition prolongée au bruit:


selon la Canadian Hearing Society, "35 pour cent de tous les ouvriers dans l’industrie lourde canadienne sont exposés à des niveaux de bruit dangereux.
L’exposition au bruit excessif sur le lieu de travail entraîne souvent à une incapacité de travail permanente. Le fardeau estimé des frais de compensation atteint les CAN$100 millions en Ontario, de 1995 à 2004.

Le gouvernement d’Ontario met l’accent sur une amélioration de la santé sur le lieu de travail et sur les mesures de sécurité dans les secteurs tels que les plates-formes pétrolières et opérateurs de gaz. L’exposition maximale de bruit va être rabaissée à 85 dB, au lieu de la limite des 90 dB précédemment. Et des moyennes pondérées au temps seront précisément déterminées lors d’une journée de travail.

«La surdité due au bruit est une incapacité de travail qui est grave mais que l’on peut prévenir, et qui touche beaucoup d’ouvriers industriels d’Ontario. Notre gouvernement prend des mesures pour protéger les ouvriers en faisant un premier ajustement significatif des limites d’exposition au bruit ces 30 dernières années,» déclare Steve Peters, Ministre du Travail au groupe CNW."
Source: la Canadian Hearing Society.

22.07.2007

Lenteur durable

J'ai lu, comme un limaçon... Pourquoi ce mollusque n'aurait-il pas le droit d'être lent? Il va m'accuser de discrimination... Je reprends... j'ai lu, à ma vitesse, un cahier du Monde daté du 11 juillet.... oh! là, là! que ...... -réminiscence rimbaldienne à gommer, restons prosaïque-...que  je suis lambin.... Je vais être obligé de suivre un stage de lecture rapide sous la direction de Pagine!

Pour l'instant, je sauve ces quelques lignes avant que mon ordinateur ne se fâche et n'efface tout, comme il l'a fait par deux fois avec le dernier billet.

Suis-je lent parce que je suis rouennais, natif et habitant d'à Rouen, ville où il faut tant de temps, voire des décennies, pour réaliser un projet novateur?

Tout simplement, je vous l'avoue, je prends mon temps à une époque où l'on nous explique qu'il est temps de ne plus laisser de temps au temps. Que nous restera-t-il pour vivre?... Je suis déphasé... Mon ordinateur fume... J'envoie.

DoMINUIT 

 

20.07.2007

Un casque dans mes bagages

Dans mes bagages pour l'été, il y a au moins un casque pour les appareils audiovisuels, sinon 2!
Ces vacances-ci, Elise vient nous voir et  s'installe une semaine environ: les négociations sont ouvertes sur l'usage de la TV!!! Chez elle, Ollioules, terrasse et jardin du Sud, la télé est placée deant la fenêtre, prête à être tournée vers l'extérieur pour suivre les infos du transat... Là, je rejoins mon atelier de peinture au fond du jardin. Le reste du temps, on ferme.
Mais, il y a deux ans, un foutu feuilleton pour lequel elle faisait comme une addiction, était progammé chaque soir vers 20H. On s'y est mis à plusieurs: pour mettre la TV en panne, pour rentrer trop tard de balade, pour inviter les voisins à cette heure là pour l'apéro... Rien n'y fit. Notre Elise, avec ses 75 balais, était comme une gamine en manque. C'était trop dur! Seule solution: le casque.
C'est pourquoi il est sur toujours dans mes bagages.
(Note rédigée par Pagine)

Conte normand d'actualité

Les vives querelles au sujet des projets de la Ville me remémorent un conte qui met aux prises les paroisses rouennaises de Saint-Nicaise et de Saint-Godard (1).

Les paroissiens de Saint-Godard, personnages de haute distinction au parler châtié, membres de la noblesse parlementaire normande, résidaient dans des hôtels particuliers. Par contre, les paroissiens de Saint-Nicaise, boutiquiers, artisans, maraîchers, patoisaient et vivaient à l'étroit dans de pauvres réduits. Le contraste était grand et les motifs de querelle ne manquaient pas entre les deux quartiers. "Cette hostilité avait des effets sur la vie pratique. Que Saint-Godard dise blanc, Saint-Nicaise aussitôt disait noir; que l'un prît une décision, l'autre se jetait à corps perdu dans le parti contraire."

Les deux paroisses se supportaient deux fois l'an, lors des processions de la Fête-Dieu et de l'Assomption qui empruntaient parfois les mêmes rues. En 1654, un incident déclencha la guerre entre les deux paroisses. Saint-Godard, pour la première fois, sortit sa nouvelle bannière; le porteur trébucha, la superbe bannière tomba dans le ruisseau. Bien sûr, des rires moqueurs s'élevèrent de la procession voisine. Les gens de Saint-Godard, vexés, s'emparèrent dans la nuit de la boise de Saint-Nicaise, une sorte de banc de justice où l'on réglait les petits différends. Saint-Nicaise lança une expédition punitive; les combattants des deux camps  rentrèrent couverts de coups... se promettant revanche.

C'est alors que les autorités intervinrent: le gouverneur de la province condamna Saint-Godard à remplacer la toise, l'archevêque sermonna les deux curés qui avaient attisé cette rivalité et ordonna de ne plus faire qu'une procession menée tantôt par Saint-Godard, tantôt par Saint-Nicaise. "Et depuis, magistrats et artisans, gentilshommes et boutiquiers, enfin pacifiés, ne manifestèrent plus désormais de rivalité."

353 ans après, qui jouera le rôle de modérateur pour qu'un climat consensuel renaisse à Rouen ? 

doMINUIT

(1) Contes et légendes de Normandie par Ph. Lannion, éd. Fernand Nathan, 1965, pp 142-153

18.07.2007

L'écho des vagues

84557bfa08211b0a3634a326c3d02919.jpgDu fond de la vallée, monte, comme une vague qui vient s'échouer sur les pentes, l'appel de l'église du bourg lointain.
Ces cloches résistent au temps qui passe, à l'Histoire qui en efface pourtant peu à peu le sens.
J'ai, dans ma PAL (Pile à Lire, je suppose...) cet ouvrage assez prometteur 
d' Alain Corbin (Flammarion   |  Collection Champs) dont je donne à lire la présentation par l'éditeur:

 "En exploitant pour la première fois les quelque dix mille affaires de cloches que le XIXe siècle nous a laissées, Alain Corbin découvre que ces sources insolites sont au centre d'un ordre symbolique. La cloche préside au rythme de la vie rurale, oriente son espace ; elle définit une identité et cristallise un attachement à la terre. La sonnerie constitue un langage, fonde un système de communication et accompagne des modes oubliés de relations entre les individus, entre les vivants et les morts. Enfin, qu'il s'agisse de traduire la liesse, la menace du feu ou du sang, la terreur des épidémies, il n'est pas de profonde émotion collective qui n'implique un recours à la cloche.
Du même coup, maîtriser l'usage de la sonnerie constitue un enjeu majeur dans le déroulement des luttes de pouvoir qui agitent les microcosmes campagnards. L'historien, dans cet ouvrage brillant, se tient à l'écoute des hommes du passé, afin de détecter les passions qui les animaient et de comprendre un monde récemment disparu."
(Note rédigée par Pagine)

16.07.2007

Développement durable

Après la trêve patriotique, occupons-nous des maux de notre planète où, paradoxalement, nous vivons de plus en plus vieux. Parlons développement durable, concept d'actualité mis à la sauce de toutes nos actions, terme trop souvent galvaudé. Alors, pour être honnête, quel sens lui donner?

Dominique BIDOU, déjà auteur de Tous gagnants, la dynamique du développement durable, a essayé de nous éclairer, d'une manière concrète, dans différents billets qu'il vient de réunir dans un ouvrage intitulé Coup de shampoing sur le développement durable. Quatre-vingt termes (comme bonheur, camion, journal, sèche-cheveux, etc.) sont shampouinés pour qu'ils retrouvent leur éclat et leur pertinence  dans le concept développement durable. Le but de M. Bidou est de donner des repères simples pour "échapper aux idées anciennes" et construire le monde de demain.

Ces deux ouvrages peuvent être commandés soit dans une librairie soit chez l'éditeur Ibis Press, 4 rue des Patriarches, 75005 Paris (mél: contact@ibispress.com). Vous pouvez aussi échanger vos idées sur ce blog ou sur http://developpement-durable.over-blog.org.

DoMINUIT

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