12.09.2007

ZENomarin

L'expo "La Normandie des photographes" (1) vient de se terminer à l'Hôtel du Département. De magnifiques clichés: vue de Rouen sous la neige, l'île Perrache, la virilité de ce pêcheur en ciré face à la légèreté de ce golfeur au-dessus d'Etretat. Aucune nostalgie. Cette photo avec ces gamins crasseux dans une rue aux taudis sordides nous prouve que ce n'était pas "le bon temps" -Ce "bon temps" n'existe-t-il que par rapport à notre propre vision du monde et de la société?-

La photo "Les trieurs de galets" a retenu mon attention car j'aime nos plages de galets et leurs falaises. Et, au début de la semaine dernière, après un dernier regard à  cette photo, je vois à l'ouvrage "un poseur de galets" sur la "séparation" des deux voies, quai Jean Moulin. "Ces galets plats viennent de Dieppe. On n'en trouve plus beaucoup," me dit l'homme. Ma femme en a donc tant pris pour notre courette! Non, elle préfère les petits galets ronds d'Etretat.

Plus tard, je lève les yeux et un panneau n'informe que je suis en ZEN-Maritime. Ciel! Après avoir été "inférieur"- le régime des castes existait dans la nomenclature des départements-, j'étais devenu "maritime"- Les bustes de nos navigateurs bientôt installés sur la pont Boieldieu nous rappelleront que nous avons bourlingué-. Je suis maintenant "zenomarin". Z'aim' ça. Z'en zézaie. Je comprends enfin cette installation de galets sur un lit de sable. Va-t-on composer à la suite un espace avec des pierres dressées et un jardin de mousses? C'est la zénitude : communier avec les énergies de l'univers pour rendre harmonieuses les relations entre êtres humains et la nature (2). L'Hôtel du Département va devenir le Temple du dragon en paix. D'où aussi, à la fin de la semaine, ces régates avec des "dragon boats" pour célébrer, comme en Asie, le "lavage" de la Seine par les abondantes pluies estivales.

doMINUIT

PS Les Japonais ne comprennent pas pourquoi nous employons le mot "zen" à toutes les sauces!

(1) Livre en vente: Farid Abdelouahab, Pascal Servan, La Normandie des photographes Au nord de la Seine 1851-2006, éditions les Falaises.

(2) à inscrire dans l'Agenda 21

c0f7f93dcc369ff509defa2a00017d7c.jpgConseiller de Zen-Maritime sur la bonne voie.

Les contribuables zenomarins s'en réjouissent.

09.08.2007

A vendre

Dans les rues plus tranquilles, en dehors du circuit très achalandé de la ville, la fermeture d'un commerce est toujours un choc.

On regarde tristement la vitrine ornée des panneaux de diverses agences immobilières: "A vendre", "Pas de porte à céder", "Droit de bail à céder", ... Un pan de la vie de la rue s'est éteint. Les mois passent. La devanture se dégrade, les tags apparaissent, des squatteurs prennent parfois possession des lieux. La lèpre urbaine s'installe; elle gagnera les autres boutiques. Et l'on attend avec joie et anxiété le panneau "Vendu par..." et le début des travaux d'installation. Quel commerce? Kebab? Epicerie de nuit? Cabine téléphonique?

Par contre, quel soulagement quand un commerce qui nuit à la rue baisse définitivement le rideau. La fermeture, Place Cauchoise, de quatre établissements "Café-bar-brasserie" a retenu mon attention. Tout d'abord, au début de la rue du Renard, l'Inoxydable ne l'était pas, son bail est à céder. Quant à l'Emeraude, il n'avait rien de précieux: les riverains se plaignaient de ses nuisances sonores nocturnes; il deviendrait un "Fruits et légumes". Ensuite, de l'autre côté de la place, au bout de la rue Cauchoise, La Grands Rotonde n'a pas survécu à sa mauvaise situation (terrasse étriquée dans un environnement bruyant et congestionné) puis à sa transformation en bar de nuit, haut lieu du Punk Rock (nombreuses rixes et interventions de la police). Le Flash était, six ans auparavant, le véritable "café-tabac-journaux" de quartier; les habitants s'y donnaient rendez-vous, l'ambiance était bonne. Lorsque le chaos nocturne s'est installé dans la rue, le gérant a vendu. Son successeur a été emporté dans la tourmente (trafics, bagarres, fermetures administratives, loyers impayés). Que deviendront ces établissements? N'est-ce pas le moment de réduire le nombre de Licences IV dans le centre ville ?

01.08.2007

Hou! hou! août!

Saluons le huitième mois de l'année. Que nous réserve-t-il?

De retour, les juillettistes, bronzés comme des Maures, sont devenus des aoûtiens comme nous, d'un blanc à nous faire rougir, qui sommes restés et restons à Rouen -c'est le privilège des retraités d'éviter les transhumances estivales et les "loups" qui guettent la moindre faute d'inattention-. Mais il y a aussi les aoûtiens qui estivent où ils peuvent trouver du soleil; leur errance est à durée limitée et ils veulent profiter au maximum pour emmagasiner de la vigueur et des souvenirs pour le prochain hiver. Sous le ciel étoilé de leurs vacances, qu'ils se souviennent du dicton normand: Les nuits d'août - Trompent les sages et les fous.

les aoûteux ont disparu de nos campagnes: c'étaient des villageois qui se "louaient" dans les fermes, pour la durée des moissons au mois d'août. Par contre, les aoûtats sont toujours là et nous rappellent que la fin de l'été se rapproche.

doMINUIT

ps Vous avez aussi les cumulards (juillettistes ET aoûtiens) que nous débusquerons dans les coins perdus de France où il faut une cloche pour se retrouver!

25.07.2007

Chut !

Lu dans PN du 23 juillet que, lors de la 14e étape du Tour de France, la caravane avait reçu la consigne d'éviter de klaxonner et de diffuser de la musique trop fort dans les gorges de l'Aude, afin d'éviter l'effet caisse de résonance qui aurait entraîné des chutes de pierres.

Pourquoi pas une telle consigne lors de la traversée des villes et des campagnes? Sans doute pour ne pas entendre toutes les casseroles que le cyclisme international traîne!

doMINUIT

20.07.2007

Conte normand d'actualité

Les vives querelles au sujet des projets de la Ville me remémorent un conte qui met aux prises les paroisses rouennaises de Saint-Nicaise et de Saint-Godard (1).

Les paroissiens de Saint-Godard, personnages de haute distinction au parler châtié, membres de la noblesse parlementaire normande, résidaient dans des hôtels particuliers. Par contre, les paroissiens de Saint-Nicaise, boutiquiers, artisans, maraîchers, patoisaient et vivaient à l'étroit dans de pauvres réduits. Le contraste était grand et les motifs de querelle ne manquaient pas entre les deux quartiers. "Cette hostilité avait des effets sur la vie pratique. Que Saint-Godard dise blanc, Saint-Nicaise aussitôt disait noir; que l'un prît une décision, l'autre se jetait à corps perdu dans le parti contraire."

Les deux paroisses se supportaient deux fois l'an, lors des processions de la Fête-Dieu et de l'Assomption qui empruntaient parfois les mêmes rues. En 1654, un incident déclencha la guerre entre les deux paroisses. Saint-Godard, pour la première fois, sortit sa nouvelle bannière; le porteur trébucha, la superbe bannière tomba dans le ruisseau. Bien sûr, des rires moqueurs s'élevèrent de la procession voisine. Les gens de Saint-Godard, vexés, s'emparèrent dans la nuit de la boise de Saint-Nicaise, une sorte de banc de justice où l'on réglait les petits différends. Saint-Nicaise lança une expédition punitive; les combattants des deux camps  rentrèrent couverts de coups... se promettant revanche.

C'est alors que les autorités intervinrent: le gouverneur de la province condamna Saint-Godard à remplacer la toise, l'archevêque sermonna les deux curés qui avaient attisé cette rivalité et ordonna de ne plus faire qu'une procession menée tantôt par Saint-Godard, tantôt par Saint-Nicaise. "Et depuis, magistrats et artisans, gentilshommes et boutiquiers, enfin pacifiés, ne manifestèrent plus désormais de rivalité."

353 ans après, qui jouera le rôle de modérateur pour qu'un climat consensuel renaisse à Rouen ? 

doMINUIT

(1) Contes et légendes de Normandie par Ph. Lannion, éd. Fernand Nathan, 1965, pp 142-153

22.05.2007

Rien de Nicolas

Les O.N.G ont demandé, pour leur entretien avec le ministre de l'environnement, des transports et de l'énergie, de discuter sans tabou de tous les sujets écologiques: nucléaire, OMG, pollutions agricoles et industrielles, habitat...
Dans ce grand maëlstrom médiatique, sauront-elles se faire entendre sur les pollutions sonores (industrielles, urbaines, des transports, de l'habitat...)?
Lors de la campagne présidentielle, seules, deux candidates avaient répondu à SOS-Bruit quant à leur intention de faire appliquer les lois existantes et d'améliorer la situation des Français face au bruit dont, bien sûr, Ségolène Royale qui rappelle la loi qui porte son nom et les décrets d'application qui l'ont suivie (la loi, pas elle..):
http://www.sos-bruit.com/105.htm
Rien de Nicolas sur le sujet.
J'appelle ici nos associations de défense à se mobiliser à nouveau: ne serait-ce pas le moment de lancer une grande pétition pour voir enfin défendu nos droits?

09.05.2007

Quinzaine commerciale sans sono

Pas de sonorisation pour cette QUINZAINE COMMERCIALE de la rue Lafayette qui aura lieu du samedi 19 Mai au samedi 2 juin 2007! C'est en tout cas ce qu'assure à la Direction des Affaires Economiques de la Ville, la personne chargée de cette opération. On applaudit, car on a des souvenirs cuisants!
Promotions, réductions et bonnes affaires se feront donc par une communication à la radio, et non dans la rue, sauf le samedi où des "animations" avec Salsa et autres, sont programmées. Espérons que leur niveau sonore ne sera  pas excessif ni leur durée ...A suivre...de près!
Car, de par la multiplicité des bruits et leur juxtaposition, la tranquillité et la santé de riverains sont bien souvent mises à mal: entre le ramassage matinal des ordures ménagères, les livraisons dans les mêmes eaux, la circulation, les extracteurs et climatiseurs des boutiques et restaurants, la circulation, les travaux, les musiques excessives des bars ou stands de marchés, les attroupements nocturnes, les fêtes de ceci, les terrasses de cela, les motonotiques, la Foire Saint Romain, j'en passe...quand trouver le repos?
Pourquoi en rajouter avec des "animations" bruyantes?
Un jour peut-être les responsables des affaires économiques et les commerçants tiendront-ils compte de cette surcharge de décibels en inventant d'autres modes de communication...
Et, tiens! J'y pense! Pourquoi pas des plans FISAC qui intègreraient cette notion?




21.04.2007

Droit et devoir

Ce combat thématique peut paraître "décalé" en cette période où tous les autres blogs y vont de leurs commentaires politiques... Qu'on ne s'y trompe pas: le droit et le devoir d'agir parlent d'eux mêmes et nous ne sommes pas ici en dehors de la sphère politique, puisque là, c'est d'espace public qu'il s'agit, un espace que l'on souhaite moins agressif envers ses citoyens.
Et j'ai choisi Ariane Mnouchkine pour dire ce besoin d'y être sur la place publique (pas comme le tribun qui hier, tout micro dehors imposait sa (ses?) voix dans tout le quartier, sans même se demander si c'est bien lui qu'on voulait entendre... et sans se soucier de la pollution sonore qu'il engendrait dans ce moment paisible de début de soirée! Mais c'était une parenthèse...).
Ariane Mnouchkine donc, pour nous dire que, non, les intellectuels ne désertent pas la place, et pour nous rappeler à nos droits et devoirs:
"Je n’ai jamais cru que la Genèse fut terminée. Petite fille, je pensais même que, une fois grande personne, je serais fermement conviée à y participer. Et comme, à l’époque, aucun adulte autour de moi ne s’est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours.
Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d’autres nous rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d’un meilleur monde. D’un meilleur pays, d’une meilleure ville, d’un meilleur quartier, d’une meilleure rue, d’un meilleur immeuble. D’un meilleur théâtre.
Mieux que d’autres, par leur détermination, leur ferveur, leur sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer ou à reprendre avec joie un combat clair, juste, urgent, possible. Modeste pour les uns, gigantesque pour les autres, mais possible."

14.04.2007

Puis-je jouer moins fort?

La Mutualité Française et la Région de Haute-Normandie, organisent, le 7 juin, à Louviers, un colloque où interviendra le Docteur Courtin, bien connu ici, ainsi qu'un sociologue, Marc Touché, sur la musique actuelle et les risques qu'elle engendre.

 Spécialiste des pratiques concernant les musiques amplifiées, Marc Touché étudie la sociologie et l’histoire des musiques amplifiées en France. Il a ainsi mené différents travaux sur l’histoire de la répétition musicale et sur la gestion des risques auditifs pour les musiciens de musiques amplifiées.
Sociologue au musée national des arts et des traditions populaires (MNATP) de Paris et au musée des musiques populaires de Montluçon, Marc Touché est le créateur des fonds de collections concernant les musiques électro-amplifiées de ces deux musées.
Voici l'info sur la journée: Puis-je_jouer_moins_fort2.doc 
Et voici l'invitation Maquette_Invitation.pdf 

Question? Suffit-il d'alerter sur les risques auditifs? N'y aurait-il pas d'autres risques, sociétaux cette fois à favoriser une musique amplifiée au détriment d'une musique à oreille humaine? Qu'en dit le sociologue? Je pense à la fête de la musique qui met la ville dans un si piteux état. Sûrement pas politiquement correct ce propos! Mais j'ai du mal à croire que sur des boums boums répétitifs, on puisse développer une capacité à communiquer avec autrui, à se penser...
Ce n'est pas une raison pour bouder l'invitation, surtout si vous avez un public de jeunes à sensibiliser aux risques encourus.
Et c'est peut-être l'occasion de se remémorer l'existence du DVD édité par le CRDP, auquel le Dr Courtin a collaboré: au-delà de l'audition, il veut questionner les jeunes sur leur rapport au bruit: 

13.03.2007

le 8 mars, le 15 et le 17...

Elle va être bigrement occupée, la femme que j'ai souhaité honorer, pour répondre à un message de l'une d'entre vous: "Et le 8 mars? "...
Je veux parler de Sylviane Chéry-Croze, Directrice de recherche au CNRS et Présidente de l'Association France Acouphènes
Depuis 15 ans, elle conduit ses recherches autour des phénomènes d'acouphènes, créant, quelques années après l'association qui peut venir en aide à des personnes atteinte de ce mal. Elle travaille à développer des comportements d' "habituation" des personnes concernées pour qu'elles oublient au quotidien la gêne. Et elle cherche à identifier les facteurs qui s'opposent dans 20% des cas à la mise en place de ce comportement d'habituation".
Avec des patients qui en ont formulé le souhait elle a pris la présidence d'une association : 
 http://www.france-acouphenes.org/ qui permet à ses personnes atteintes du même symptôme de se retrouver et de militer pour une meilleure prise en charge de l'acouphénie.
Sur le site du CNRS, où ses travaux sont cités, on peut lire: "
Trente-sept pour cent des quinze/dix-neuf ans souffrent déjà de problèmes auditifs ! Pourtant 99 % des jeunes sont conscients des méfaits des loisirs bruyants… « On assiste notamment à un rajeunissement de l'âge moyen d'apparition des acouphènes, auparavant situé autour de soixante ans. Ce trouble est de plus en plus fréquent chez des jeunes de moins de trente ans, explique Sylviane Chéry-Croze".
D'où la mobilisation de son association le 15 mars dans le cadre de la 10ième journée de l'audition http://www.audition-infos.org/framedroite/jna/2007/doc/co...
 
semaine chargée qui se terminera le 17 par l'Assemblée générale de son association!
Et vivent les femmes!

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