12.07.2007
Polis, une nouvelle enseigne, rue Percière
C'est une façon de parler car l'enseigne n'est pas encore apposée sur la boutique, au 21 de la rue Percière: autorisations obligent.
Mais la librairie Polis est bien ouverte, du mardi au samedi, de 12 à 20H. Et cela donne soudain comme une bouffée d'air frais à cette rue...
Une spécialiste en droit de la culture, une thésarde en histoire de la culture et une assistante comptable se sont associées pour une aventure originale qui mérite le détour par la rue Percière.
Spécialisés dans le polar et l'urbanisme, les deux salles habillée de noir et blanc, ont de quoi aiguiser l'appétit.
Un projet de conférences sur les littératures policières, des idées autour de l'espace public... ne peuvent qu'aiguiser notre intérêt.
N'attendez pas cependant la rentrée: il y a bien encore une petite place dans vos bagages!
Moi, j'ai pris: Mort au champagne de Ngaio Marsh (10:18) , Vice Répétita de Hervé Sard ( Krakoen: maison d'édition de Bihorel) et L'affreux Pastis de la rue des merles de Carlo Emilio Gadda. Une anglaise, un normand et un italien... Je vous dirai si j'ai été bien conseillée!
(Note écrite par Pagine)
09:30 Publié dans A lire, à dire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : librairie, lecture, policier, ville, Rouen
06.07.2007
Lire à la plage
Depuis le 4 juillet, Lire à la plage est en oeuvre sur 8 plages de Seine-Maririme. J'espère que les communes concernées et le département ont prévu un souterrain pour que les touristes rejoignent la bibliothèque municipale du lieu à la moindre goutte!
C'est gratuit et c'est une bonne habitude à prendre.
Moi, je m'en vais bientôt vers d'autres cieux, et vais prendre mon abonnement dans deux bibliothèques: chaque été, je dois m'exécuter pour un ou deux abonnements annuels : la France du tourisme, celle dont on nous rabat les oreilles, à Rouen comme ailleurs, n'a en rien progressé dans les villes pour la lecture des vacanciers.
Saluons donc l'initiative du Département.
Et, comme je le suggérais à ceux qui pourraient lire à Dieppe, sur la plage, le livre d'Yvonne Besson, c'est possible!
Gageons que cela fera baisser le niveau sonore des plaisanciers, et que le bruit des vagues reprendra ses droits.
http://www.dailymotion.com/video/x2chl8_lire-a-la-plage-2...
07:30 Publié dans A lire, à dire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02.07.2007
Un coin tranquille pour mourir
Pour les Seino-marins, voici une lecture de vacances, à déguster; de préférence pendant votre villégiature à Dieppe!!!
L'auteur, Yvonne Besson est professeur de lettres à Dieppe.
Le décor est dieppois, bien que la ville du roman policier " Un coin tranquille pour mourir" soit dénommée Marville. Personne ne sera dupe tant les lieux sont repérables: collège, lycée, falaise, front de mer, pelouse, promenade de bord de mer, jetée, quais, port de plaisance...
Outre cet intérêt que les locaux apprécieront, le roman offre, mine de rien, de jolies problématiques, en particulier sur les croisements entre vie rêvée et vie réelle.
Se nourrir de souvenirs et revenir aux sources ou affronter la réalité? Se gaver de littérature pour enjoliver sa propre histoire? Brandir ses idéaux ou les abandonner au ruisseau d'une vie sociale qui les lamine...
Après un début un peu 'forcé" où la communauté scolaire expose ses affres, et où elle est décrite de manière trop stéréotypée, l'intrigue prend de la couleur avec le paysage d'une province en demi-teinte, mais pas dénuée des fonds sonores bien connus:
" Les haut-parleurs déversaient des musiques et des annonces commerciales, brouillant les ritournelles des manèges et les appels des camelots."
"Une cohorte de collégiens prenait d'assaut la cour de récréation.... Le vacarme de la guerre se coulait jusqu'à l'intérieur, les cris, même étouffés, martyrisaient les tympans."
"Deux scooters passèrent en pétaradant, ces petits cons avaient trafiqué leur pot d'échappement... Un martèlement de muique techno et un coup de klaxon la font sursauter."
Ces bruits de fond "classiques" sont-ils là pour rassurer face aux drames qui se jouent? Ou viennent-ils en désagréments supplémentaires dans des vies bien tourmentées déjà?
Je crois que je vais aller questionner l'auteur sur son site, que je vous conseille, d'ailleurs, en particulier pour "l'interview sans fin", à laquelle chacun(e) peut participer, et bien sûr pour les commentaires des lecteurs.
(Lien en bas, à gauche: le site d'Yvonne Besson).
En résumé, scénario original et roman qui ne se prend pas au sérieux tout en se jouant de thèmes et de formes complexes.
Ed. Les Equateurs et Pocket Poche
14:40 Publié dans A lire, à dire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Dieppe, polar, profs
15.05.2007
Marque page
Pour lire "le Pont de Pierre" de Léo Pérutz, présenté hier, voici un cadeau, en forme de marque-page
(à éditer sur papier fort et à découper)
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Le Pont de pierre
(Pont Saint Charles)
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Les Jardins Wallenstein
et
Le quartier Juif
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Bonne lecture
09:11 Publié dans A lire, à dire | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
13.05.2007
La réponse du Général de Wallenstein
Dans une de ses nouvelles "L'étoile de Wallenstein", Léo Perrutz relate la rencontre entre Wallenstein (qui n'est pas encore général de l'armée de Rodolphe II) et le grand mathématicien, astronome, Johannes Kepler.
Dialogue de sourds entre ces deux-là autour du croassement des grenouilles:
- " On dit des chutes du Nil que leur mugissements et leur fracas ont rendu sourds les gens qui habitent alentours... Mais, il me semble qu'il en va autrement: ils ont l'habitude du bruit et n'y font plus attention. Et moi, je ne prends pas garde au vacarme des grenouilles (qui) élèvent elles aussi leurs voix pour la gloire de Dieu."
- Si j'étais Dieu, j'aurais une plus haute idée de ma gloire et je ne me laisserais pas importuner de la sorte... Je ne peux supporter le bruit, voilà tout, je n'aime pas entendre les cris des animaux, qu'ils s'agissent de chiens, de chats, d'ânes ou de chêvres, cela m'est pénible."
Il faut dire que ses études étaient contrariées par la présence sous ses fenêtres d'un chien, d'un coq, de poules et autres chêvres qui à toute occasion donnaient de la voix...la nuit y compris.
Que ces caquetages, bêlements et aboiements aient à jouer un rôle dans la carrière du jeune homme, cela, il ne le savait pas...
Et dans une épitaphe à ce brillantissime général, on peut lire:
" Sa tête de bohême était d'un bois bien tendre,
Le cliquetis des verres il ne souffrait d'entendre.
Coqs, chien et chats il arrêtait
Dans tous les lieux où il campait.
...
Il doit désormais aller le chemin des trépassés,
Et laisser le chien japper et le coq chanter."
Dans une autre nouvelle, "La conversation des chiens", est poussée au paroxysme cette souffrance face aux aboiements rageurs de deux animaux errants, aboiements qui ne sont pourtant que leur mode d'expression...
Difficile cohabitation!
Ces textes font partie du roman de Prague en 14 tableaux "La nuit sous le pont de pierre", de Léo Perrutz, (chez Fayard et à la bibliothèque Parment), qui met en scène la capitale de la Bohême au début du XVIIè, ses croyances, ses alchimistes, usuriers, et bien sûr l'empereur du Saint Empire. Un régal où légende et Histoire se mêlent.
19:45 Publié dans A lire, à dire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : chiens, Pérutz
12.05.2007
"Platon était malade"
La phrase est de Platon lui-même dans le fameux Phédon où il raconte la mort de Socrate. C'est aujourd'hui le titre d'un très beau roman de C.Pujage-Renaud qui met en scène les quelques mois qui ont suivi ce jour où la ciguë a fait son oeuvre.
Platon, dans son désarroi, se réfugie dans une grotte, face à l'île de Salamine, avec un jeune esclave... La nature et ses mythes emplissent son univers. Loin des conflits de la ville, il peut à nouveau saisir la multiplicité infinie des sons et entendre, de cette nature monter:
"...la rumeur des eaux", "...les chocs sourds et les sifflements de rage du vent du Nord", "...le grillon qui grignote le temps", "...les criaillements et hululements des bêtes invisibles", "...les cigales crépitantes", "...les couinements et furetages de bêtes nocturnes", "...les trilles des oiseaux", "...les fracas des éléments", "...les rugissements marins", et aussi "la densité du silence"...
Le Platon désespéré, soumis à ses rêves destructeurs renaît dans cette nature omniprésente et va devenir l'écrivain qui dix ans plus tard écrira son fameux Phédon.
Belle réinvention de l'histoire dans la puissante et sauvage nature grecque que Claude Pujade-Renaud sait faire éclater à notre imagination.
C'est chez Actes-Sud et c'est à lire, comme antidote aux bruits de la ville.
11:50 Publié dans A lire, à dire | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Platon, Pujade-Renaud, bruit, Grèce
06.05.2007
"Du bruit"
Je vois à Mont Saint Aignan cette affiche: Joy Sorman. vient samedi prochain pour parler de son livre "Du bruit" aux Éditions Gallimard. Je téléphone au libraire: "c'est un roman." "Non c'est un documentaire." "Attendez, je vais demander à ma collègue"...
Je décide d'aller y voir et je feuillette, je lis plusieurs passages. Ai-je bien compris? Il s'agit d'un livre à la gloire du groupe de rap "Nique ta mère ».
Pourquoi ce titre? Bien sûr, il y a le déluge sonore de NTM, qui veut nous en mettre plein les oreilles, avec des décibels à la pelle dans leurs concerts. Il a la folie débridée des onomatopées, la fureur tapageuse des mots, le rythme fracassant, stressant, à faire perdre haleine. Et il y a le bruit que fait dans le corps et dans la tête de notre auteure, tout ce remue-ménage. Comme une déflagration qui lui fait s'inventer une nouvelle identité. Comme une drogue.
Lors, le livre est de la même veine: un texte resté à l'état d'oralité où la fonction du langage n'est plus de communiquer ou d'exprimer, mais de vomir, d'expulser... sans grande force de conviction d'ailleurs.
Autofiction, quand tu nous tiens...
Il semblerait que le livre se soit un peu fourvoyé chez Gallimard (par filiation, dit-on, Guy Sorman étant le papa. Ah! les méchantes langues!). Il y a peu de chance qu'il se fourvoie dans ma bibliothèque...
Quant au titre "Du bruit", c'est un peu une supercherie. La formule pourrait faire croire à un essai de portée plus large, plus philosophique. Comme l'horizon de Joy Sorman se limite à NTM et que, dit-elle, les paroles du rap, qui pourraient être un éclairage sociétal, n'ont aucune importance, nous n'en saurons pas plus sur les autres bruit de la ville et de la vie...
08:05 Publié dans A lire, à dire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
10.04.2007
Une voix, un rire
07:35 Publié dans A lire, à dire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.03.2007
Observer le silence...
Une pierre dans mon jardin, c 'est celle que lance Raymond Devos quand il dit qu'on ne sait pas observer le silence, mais qu'on ne sait que l'écouter !!!
C'est un sacré farceur celui-là, lui qui prend les mots au pied de la lettre.
J'aimerais vous donner à entendre le texte de la voix même de Raymond Devos, si tant est que j'en retrouve l'enregistrement.
Commençons par le texte, qu'il faut plutôt dire que lire:
On dit parfois que j’extravague…que je délire… Pourtant, il n’y a pas plus raisonnable que moi ! Il n’y a pas d’esprit plus cartésien que le mien ! Je ne fais que rapporter les faits, tels que je les observe. Il est évident qu’il y a observer et observer ! Cela dépend du sens que l’on donne au mot « observer ». Exemple : quand on demande aux gens d’observer le silence…au lieu de l’observer comme on observe une éclipse de lune, ils l’écoutent…et tête baissée encore ! Ils ne risquent pas de le voir, le silence… ! Parce que les gens redoutent le silence. Alors, dès que le silence se fait, les gens le meublent. Quelqu’un dit : « Tiens ? un ange passe ! », alors que l’ange, il ne l’a pas vu passer ! S’il avait, comme moi, le courage d’observer le silence en face, il le verrait ! Je suis désolé de vous le dire, mesdames et messieurs, lorsqu’un ange passe, je le vois ! Je suis le seul, mais je le vois !
Evidemment que je ne dis pas que je vois planer un ange, parce qu’aussitôt, dans la salle, il y a un doute qui plane. Je le vois planer le doute. Evidemment, je ne dis pas que je vois planer un doute parce qu’aussitôt, les questions : « comment ça plane un doute ? Comme ça! (geste de la main, qui oscille) Comment pouvez-vous identifier un doute avec certitude ? A son ombre ! L’ombre d’un doute, c’est bien connu… ! Si le doute fait de l’ombre, c’est que le doute existe… ! Il n’y a pas l’ombre d’un doute ! Et l’on sait le nombre de doutes au nombres d’ombres ! Il y a cent ombres, il y a cent doutes. Je ne sais comment vous convaincre ?! Je vous donnerais bien ma parole, mais vous allez la mettre en doute ! Le doute, je sais le voir planer… Je vais dire : « Je vois planer un doute ». Aussitôt, le silence va se faire… Quelqu’un va dire : « Tiens un ange passe ! » Et il faudra tout recommencer...
(Extrait de "A plus d'un titre" Olivier Orban)
11:15 Publié dans A lire, à dire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Devos, le silence
21.03.2007
La magicienne des silences
India Song... Moderato Cantabile... La Musica...
Il faut écouter le texte et pas seulement le lire.
Marguerite Duras joue avec les silences, de ceux qui favorisent une plus grande résonnance du texte et amènent à une plongée au plus profond de soi. En regard, elle autorise la plainte, le cri, les pleurs, autant de sons inarticulés qui restent gravés dans nos mémoires.
Lors de ma visite à L'Institut des Mémoires des Ecrivains Contemporains, à l'Abbaye d'Ardenne (Caen), je suis restée figée devant l'écran géant projetant en boucle la fameuse scène d'India Song, celle de la danse devant les miroirs, ou rien ne se dit, ou presque et d'où surgissent ces longs feulements de Michaël Lonsdale.
En fait, c'est la démesure du silence qui ouvre à la perception d'une parole ou d'une action semblant sortir de nulle part.
Le mot "silence" est présent dans toute son oeuvre, que dis-je, il est omniprésent et il nous est impossible de ne pas les entendre, ces silences... qui ont chacun leur langage, tour à tour mélodie, traque du temps qui passe, tentative d'échapper à une situation dramatique...
Comment m'est venue l'envie de vous parler de ces silences-là?
C'est en visitant le site littéraire "de page en page" que s'est imposée l'envie de rendre hommage à Marguerite Duras, pour son sens du silence...
http://de-page-en-page.over-blog.com/
12:20 Publié dans A lire, à dire | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Duras, silence, IMEC



